Pénurie de RAM et de SSD : 6 stratégies achats pour limiter l’impact
Face aux tensions sur la RAM (mémoire vive) et les SSD (supports de stockage à mémoire flash), l’enjeu n’est plus seulement de négocier un prix. Pour préserver la performance de l’entreprise, l’acheteur doit sécuriser la continuité, challenger le besoin et piloter le coût global du parc informatique.
Pourquoi la pénurie de RAM et de SSD devient-elle un enjeu achats ?
La RAM, également appelée mémoire vive, et les SSD sont des composants discrets, mais structurants.
La mémoire vive stocke temporairement les données nécessaires au fonctionnement des programmes. Les SSD assurent quant à eux le stockage durable des données. Ils remplissent une fonction comparable à celle des disques durs traditionnels, ou HDD, mais reposent sur une mémoire flash et ne comportent aucune pièce mécanique.
La RAM et les SSD entrent dans la composition des ordinateurs, des serveurs, des postes industriels, de certains équipements télécoms et de nombreuses solutions embarquées. Lorsque leur disponibilité se tend, l’effet se diffuse rapidement :
- hausse du prix des configurations ;
- délais moins prévisibles ;
- substitutions de références ;
- réduction de la durée de validité des offres.
Cette tension est renforcée par la croissance des besoins liés aux centres de données et à l’intelligence artificielle. Une partie des capacités industrielles et des investissements se concentre sur les mémoires à forte valeur ajoutée. Selon Gartner, les prix de la mémoire DRAM et NAND flash pourraient augmenter de +130 % d’ici fin 2026 sous l’effet de cette demande IA. À l’image de d’autres matières dont les prix ont récemment flambé, les effets de pénurie peuvent être brutaux et durables.
Pour l’entreprise cliente, la conséquence est simple : les gammes standards peuvent devenir plus chères, moins disponibles ou sujettes à des changements rapides.
Le risque ne se limite donc pas au composant acheté séparément. Il concerne l’ensemble du parc : PC portables, stations de travail, serveurs, baies de stockage, équipements réseau, infrastructures virtualisées et contrats de renouvellement.
Sur la partie infrastructure, l’impact peut être amplifié par des configurations très capacitaires, des contraintes de compatibilité et des cycles d’investissement longs. La question achats doit donc être posée au niveau de l’usage, du service attendu et de l’architecture, et pas uniquement au niveau de la barrette de mémoire vive ou du disque SSD.
Garder la maîtrise du budget en période de tension
Une infrastructure vieillissante place l’entreprise devant un arbitrage délicat.
Reporter son remplacement peut prolonger l’exposition aux pannes, aux limites de capacité, aux incompatibilités et à l’augmentation des coûts de maintenance. Remplacer dans l’urgence peut, à l’inverse, conduire à accepter des prix élevés, des délais incertains ou une architecture surdimensionnée. Les partenaires constructeurs convergent vers un constat commun : la stabilité du marché ne devrait pas être retrouvée avant 2027-2028.
L’acheteur doit donc éviter une décision binaire entre « tout remplacer » et « ne rien faire ».
La première étape consiste à construire, avec la DSI, une trajectoire d’obsolescence partagée. Elle doit distinguer les serveurs, les baies de stockage et les équipements réellement critiques de ceux dont la durée d’usage peut être prolongée de manière maîtrisée.
Pour chaque actif, il faut mettre en regard :
- l’état du support constructeur ;
- la capacité résiduelle ;
- les performances ;
- les contraintes de sécurité ;
- la disponibilité des pièces ;
- la dépendance logicielle ;
- le risque d’interruption de service.
- Prolongation temporaire avec maintien en condition opérationnelle ;
- Modernisation partielle ;
- Ajout ciblé de mémoire vive ou de capacité de stockage ;
- Renouvellement par lots ;
- Bascule vers une solution hébergée ou hybride ;
- Remplacement complet.
Ces scénarios doivent être comparés sur une période cohérente en intégrant l’investissement, les licences, la migration, l’exploitation, l’énergie, la maintenance, les garanties et le coût du risque.
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Six stratégies achats pour réduire l’impact de la pénurie de RAM et de SSD
Cartographier les besoins par niveau de criticité
Tous les utilisateurs et tous les équipements n’ont pas les mêmes besoins. Il faut distinguer les postes standards, les profils intensifs, les serveurs critiques, les équipements industriels et les usages pouvant accepter un remplacement différé. Cette segmentation permet de réserver les capacités élevées et les achats prioritaires aux besoins réellement sensibles.
Challenger les spécifications avec la DSI et les métiers
Une fiche technique n’est pas toujours l’expression exacte du besoin. L’acheteur peut questionner le niveau de RAM, la capacité de stockage, la génération du SSD, les performances attendues et la possibilité d’une montée en gamme ultérieure. L’objectif n’est pas de dégrader le service, mais d’éviter le surdimensionnement et de préserver des options d’évolution.
Standardiser sans créer une dépendance excessive
Réduire le nombre de configurations facilite la négociation, le support et la gestion du parc. En revanche, une standardisation trop rigide autour d’une seule référence peut devenir un point de fragilité. Il est préférable de définir des configurations équivalentes, des composants compatibles et des critères de performance acceptables plutôt qu’un modèle unique impossible à substituer.
Sécuriser plusieurs voies d’approvisionnement
La mise en concurrence reste nécessaire, mais elle doit intégrer la capacité réelle à livrer. Un panel combinant constructeur, intégrateur et distributeur peut offrir davantage de solutions de repli. L’acheteur doit vérifier les stocks annoncés, les délais confirmés, les règles d’allocation et la traçabilité des produits afin d’éviter les approvisionnements non maîtrisés. C’est l’un des leviers qu’un groupement d’achats peut activer pour ses adhérents.
Contractualiser la flexibilité
Les contrats doivent prévoir des mécanismes de substitution encadrée, des équivalences techniques validées, des délais d’alerte, une visibilité sur les disponibilités et une durée de validité des prix adaptée au marché. Lorsque les volumes le justifient, des engagements prévisionnels ou des réservations peuvent être étudiés, sans transformer la prévision en stock dormant.
Piloter les achats informatiques dans le temps
Acheter tout immédiatement peut immobiliser de la trésorerie et exposer l’entreprise à l’obsolescence. Attendre systématiquement peut, à l’inverse, aggraver le risque de rupture. Une stratégie par vagues, fondée sur un plan de renouvellement, des seuils de déclenchement et une veille de marché, permet de répartir le risque et d’améliorer les arbitrages. Selon TrendForce, aucune extension significative des capacités de production n’est attendue avant fin 2027 voire 2028 — ce qui rend indispensable une planification achats à moyen terme.
La bonne posture : piloter le risque avec les parties prenantes
La réponse la plus robuste repose sur un dialogue régulier entre les achats, la DSI, les métiers, la finance et les fournisseurs.
Achats
Connaissance du marché, structuration de la concurrence, sécurisation du contrat.
DSI
Qualification de l’usage, de la compatibilité et des niveaux de service.
Métiers
Hiérarchisation des besoins réels par activité.
Finance
Arbitrage de l’exposition budgétaire et de la trésorerie.
Dans ce schéma, l’acheteur ne subit plus la pénurie de RAM et de SSD. Il transforme une contrainte de marché en décisions documentées :
- quels besoins protéger ;
- quelles spécifications assouplir ;
- quels volumes engager ;
- quelles solutions alternatives qualifier ;
- à quel moment acheter.
Cette approche structurée rejoint les principes d’une expertise achats appliquée à des marchés sous tension. Elle s’inscrit plus largement dans une démarche globale de conseil en achat industriel visant à améliorer la performance sur l’ensemble des familles d’achats.
Anticiper les tensions pour maîtriser le coût du parc informatique
Face à la hausse et à la volatilité des prix de la RAM et des SSD, la performance achats ne se mesure pas à la remise obtenue sur une commande isolée.
Elle se mesure à la capacité à garantir la continuité, à éviter le surdimensionnement, à conserver des solutions alternatives et à maîtriser le coût total du parc informatique, y compris les serveurs, les baies de stockage et les infrastructures arrivant en fin de cycle.
Pour les PME et les ETI, le recours à une démarche mutualisée peut renforcer la visibilité sur les volumes, faciliter le dialogue avec les fournisseurs et accélérer le partage de bonnes pratiques.
C’est précisément le rôle d’un groupement d’achats comme Mercurial : aider les entreprises à prendre de meilleures décisions dans un marché complexe, en combinant expertise achats, benchmark et sécurisation des fournisseurs.
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